Sous le ciel radieux d’ Antananarivo , ce midi au rond-point d’ Anosy , les crises de colère étaient levées de la part des médecins et des étudiants en médecine. Ces derniers ont donc quitté les hôpitaux et les amphithéâtres dans un mouvement de protestation contre ce qu’ils voient comme une injustice manifeste : leur indemnité fixée à 1200 ariary ( un peu moins de 25 centimes d ‘ euro ) contre 500 000 ariary, soit près de 100 euros, pour les forces de l’ ordre .
“On soigne des vies, mais on nous traite comme si la nôtre ne valait rien”, lance un jeune interne, la blouse encore immaculée, symbole d’un métier qui se veut au service de la vie. Car oui, la journée a dégénéré. Lorsque le cortège a voulu se rendre au ministère de la Santé, les forces de l’ordre ont barré la route. Les mots ont laissé place aux gestes. Un médecin a été blessé à la tête. La foule a alors scandé : “Si l’un de nous est touché, nous arrêtons tout !”
Leur douleur ne se limite pas à la blessure physique. Beaucoup n’ont toujours pas reçu leur salaire, pendant que les uniformes, eux, ont perçu leurs indemnités dès le dimanche précédent. Ce sentiment d’injustice, d’oubli, d’indifférence… c’est lui qui a mis le feu aux poudres.
Aujourd’hui, les blouses blanches malgaches rappellent qu’avant de servir, il faut pouvoir vivre. Dans un pays où la santé publique tient souvent sur la bonne volonté des soignants, leur colère résonne comme un signal d’alarme.
Rédaction : Aina A. – Gate of Africa Magazine
Suivez nos analyses sur : facebook.com/GateOfAfricaMagazine
#GrèveDesMédecins #Madagascar #InjusticeSociale #SantéEnColère #GateOfAfricaMagazine

